samedi 22 octobre 2016

I want to feel again, and live another day. I want to bleed the pain, and wash away the poison from my veins.

Je n'arrive pas à écrire cet article.
Trois semaines que j'efface et recommence.

J'ai cette impression de ne pas avoir passé une seule journée seule en ce mois d'Octobre. J'ai ris, j'ai parlé, déversé, fait confiance. Je me suis lancée, j'ai dis merde au doute, dévoré des yeux et me suis confiée. J'ai joué, câliné, partagé. J'ai vécu. Puis j'ai pleuré. Pleuré, pleuré, dans les bras d'inconnues, puis dans des bras familiers. J'ai maudis cette année, puis je l'ai remerciée. Bénissant le changement, qui fait mal, oh si mal, mais qui m'a apporté enfin la bousculade, l'alternative vers laquelle tout mon être tendait.
J'ai dis adieu tout haut. J'ai voulu écrire sur cet homme, mon grand-père. Sur mes grands-pères. Ces deux figures riantes, chantantes, courbées par les années mais droites et dignes, marquées par une sorte de labeur que jamais je ne connaîtrai. Leur image toujours si présente, même si je les voyais si peu. La surprise, toujours, de ne pas voir un visage alors qu'il est sous terre depuis tant de saisons. (et l'absurdité de voir un corps être enfermé, enterré, en guise d'adieu - de conclusion. Se sentir en décalage avec le monde entier, parce que ça ne suffit pas et ne suffira jamais.) N'est-ce pas étrange d'oublier constamment la mort de quelqu'un ?
Et puis le reste. Une pause loin de tout, dans la campagne que j'ai tant détestée mais qui m'est si chère maintenant. Ce paradoxe, de vouloir prolonger cette bulle de calme à l'infini, mais de vouloir retrouver ces regards dans lesquels j'ai trouvé espoir, puis refuge, puis inspiration. au plus vite.

Et finalement, j'ai écris.

Peut-être pas comme je l'avais imaginé, sans trop de détails ni beaucoup de réflexion. Mais je crois que c'est ainsi que je fonctionne finalement - jeter les mots sur le clavier et espérer qu'ils s'accordent, relire en diagonale et publier. M'en libérer - éviscérer, répandre - et attendre la suite.


Hear the Shadowy Horses, their long manes a-shake,
Their hoofs heavy with tumult, their eyes glimmering white;
The North unfolds above them clinging, creeping night,
The East her hidden joy before the morning break,
The West weeps in pale dew and sighs passing away,
The South is pouring down roses of crimson fire:

O vanity of Sleep, Hope, Dream, endless Desire,
The Horses of Disaster plunge in the heavy clay:
Beloved, let your eyes half close, and your heart beat
Over my heart, and your hair fall over my breast,
Drowning love's lonely hour in deep twilight of rest,
And hiding their tossing manes and their tumultuous feet.

William Butler Yeats

2 commentaires:

  1. Et je suis fière de toi, que tu aies mis de côté tes doutes et que tu en soies revenu à l'essentiel de ton écriture. Cet aspect brut me plaît beaucoup, comme un "il fallait que ça sorte".

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    1. Tu as parfaitement cerné l'idée et le ressenti. Merci ♥

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