mardi 23 août 2016

Idle hands do the Devil's work.

Été culturel.

Malgré les apparences, je n'ai pas l'intention de m'auto-enterrer dans la déprime et d'y gésir indéfiniment. (oui ce verbe est très laid mais c'est comme ça qu'on dit, j'ai bien essayé de faire passer un "gîre" en douce mais l'auto-correct n'est pas né de la dernière pluie. Pas toujours.)
Pas mal de choses ont nourri mon esprit en quête de stimulation pendant ces deux mois d'été maudit.

• Sur ma kindle 

Je n'ai fini aucun livre en juillet.
La période n'était pas forcément propice : pas vraiment motivée pour me concentrer sur de la lecture, j'avais tout un tas de choses pratiques à régler et beaucoup de travail sur moi-même à faire.

D'autant plus que je n'ai sûrement pas choisi les meilleurs livres pour me motiver. En juin j'ai lu Antispéciste qui était génial, très instructif et qui a renforcé mes convictions dans pas mal de domaines, mais ça n'était pas vraiment une lecture "plaisir". Puis j'ai commencé A l'est d'Eden. Je voulais relire du Steinbeck depuis que j'ai lu Des Souris et des hommes au collège. C'était à la fois une bonne idée parce que je l'ai beaucoup apprécié, et une très mauvaise parce que c'est un gros pavé d'une écriture pas franchement légère, qui suit des dizaines de personnages sur plusieurs générations... Et quels personnages ! A l'Est d'Eden est une fresque humaine vertigineuse, touchante et authentique. Une lecture que je recommande, il faut une bonne dose de courage pour s'y lancer (et le finir, surtout) mais ça vaut le coup.

D'ailleurs arrivée à la moitié du pavé je me suis accordé une petite pause en lisant le 8ème Harry Potter, The Cursed Child. Pour ce dernier, je ne peux même pas dire que c'était une déception parce que je n'en attendais rien. En fait j'aurais préféré que cette pièce de théâtre ne voit jamais le jour. J'ai lu des tas de meilleures fanfictions, et le format théâtre n'a sûrement pas aidé. Je vais donc faire comme si elle n'existait pas.

• Sur mon écran


J'ai dévoré Stranger Things comme à peu près tout l'Internet, et les 8 épisodes se sont montrés à la hauteur de la hype ! Cette série est un concentré de références aux classiques de l'horreur et de la SF des '80-'90. L'ambiance est un régal, la photographie est un bijou d'esthétique, les personnages sont SI attachants (Dustin !). Et oui, la grande majorité des personnages principaux sont des enfants et ça m'a fait un peu peur, mais si tous les enfants étaient comme ça je pourrais revoir bien des certitudes dans ma vie.
Niveau scénario, je suis un chouilla plus partagée. Mais je n'adhère pas pour autant aux critiques disant que la série se contente juste de mettre des références bout à bout pour en faire un hommage qui parlera aux nostalgiques sans chercher à aller plus loin. Il y a clairement plus que ça, parce qu'à mon avis la série transcende ce dont elle s'inspire. Certes j'aurai aimé qu'elle aille un peu plus en profondeur dans le monde créé, mais je mets ça sur le compte de sa brièveté et si je ne m'abuse une saison 2 a déjà été confirmée, donc on est sauvés !


Et juste avant ça, c'est sur Gilmore Girls que j'avais jeté mon dévolu. Pas tout à fait le même registre ni même vraiment ce que je regarde d'habitude, on est d'accord, mais ça ne m'a pas empêché de finir les 7 saisons en 2 semaines...
La série se concentre principalement sur la relation entre Lorelai et Rory Gilmore, respectivement mère et fille, sur leurs problèmes de famille, leurs histoires de cœur, leurs difficultés face à leur avenir ou leur carrière. En fait, on touche à tout et on passe un peu par toutes les émotions en regardant ! Là encore les personnages sont très attachants, et même si pas toujours vraisemblables je leur pardonne tellement j'ai passé de bons moments en regardant cette série.
Le bonus c'est qu'une nouvelle saison va être diffusée en fin d'année, presque 10 ans après l'achèvement de la saison 7, et inutile de vous dire que j'ai hâte de savoir ce qu'il est advenu des habitants de Stars Hollow.

• Dans mes oreilles, en vrac


C'est tout.

dimanche 21 août 2016

This is for long-forgotten light at the end of the world.

Je me suis perdue. 
Je croyais avoir accepté et laissé se dérouler avec brio le deuil de ces quelques dernières années. J'avais rebondi plutôt facilement finalement. Je positivais même, j'avais hâte de partir de mon côté et me reconstruire seule. Seule.
C'était une fausse rupture finalement. Un bouleversement dans l'équilibre, mais pas un effondrement des fondations. Une fausse transition, un faux changement. Une illusion, un voile de douceur hypocrite étendu sur la blessure que je voyais déjà se refermer.

Hier... hier ?! J'ai l'impression d'avoir vécu une éternité depuis cette dernière étreinte. Le voile a changé de raison d'être, il rend flou les contours de chaque chose et je ne sais plus très bien qui je suis. Je suis si seule, et j'ai peur. Prisonnière d'une cellule vaporeuse, incapable d'avancer assez loin pour retrouver le chemin à prendre. Je sais que seul le temps saura déchirer le voile et tarir les larmes, pour qu'enfin la brume se disperse. 

En attendant, j'essaie de rendre l'existence moins pénible, mais ça semble presque impossible. J'essaie de m'adapter à cette vie nouvelle mais chaque pas en avant m'épuise. Mon chez-moi ne l'est pas encore vraiment, et je ne sais que faire pour que s'arrête le flot interminable de pensées qui m'empêche même de me concentrer sur ce qui devrait me changer les idées.

Je prie pour que chaque vague qui me submerge soit la dernière.

Andre Vaccaro, Sainte Agathe (détail)